Le 21 novembre, la délégation syndicale a présenté une seconde mouture du plan social au personnel réuni en assemblée générale. D' emblée, le ton est donné : le plan nouveau (c'est la période des primeurs) est convenable, et même plus que convenable nous assure-t-on ; cependant, en conclusion de l'exposé des conditions financières, il nous sera signifié que « c'est à prendre ou à laisser », « il n'y aura pas d'autre proposition ». Hum ! On reconnaît de suite le style de management de la Direction locale : ouvert, participatif et démocratique.
Dans la même ligne philosophique que les départs volontaires débattus sur ce blog précédemment (tu es volontaire si je le veux), le texte du bulletin de vote nous est dicté et imposé :
OUI, J'accepte le plan social proposé le 20-11-2007.
Les négociations sont définitivement clôturées.
NON, Je n'accepte pas le plan social proposé le 20-11-2007. J'accepte dès lors qu'il n'y ait pas de plan social (à savoir licenciement sur base des dispositions légales).
Les négociations sont définitivement clôturées.
Est-ce là un choix ? Nous laisse-t-on l'occasion d'exprimer une opinion ? Est-ce cela un vote ? Ma parole, sommes nous un groupuscule de terroristes mettant en danger l'Organisation ? Cela ne ressemble-t-il pas plutôt à un ultimatum, une mise en demeure, une sommation ?
Une certitude : la majorité des employés l'interprètent comme une épreuve vexatoire, un soubresaut d'autorité brillant par son absurdité.
Le « vote » a eu lieu ce 26 novembre : 95% des personnes invitées à voter et ayant rendu un bulletin valide ont choisi de cocher « OUI ». Réelle adhésion ? ou doit-on comprendre qu'elles ont dit « NON » au « NON » tel que formulé sur le bulletin?
C'est ce qu'on appelle une victoire à la Pyrrhus, bataille gagnée au prix de la perte de la crédibilité, de la confiance, du respect, et d'un éventuel reliquat de motivation du personnel.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. (Le Cid, P. Corneille)